Teodora Paul: La liberté sans solidarité laisse l’être humain seul. La liberté vécue dans la solidarité devient amour / MPV 2026


Bonjour à tous,

Je commence par l’idée principale :

Une femme enceinte en situation de crise n’a pas seulement besoin de la liberté de choisir. Elle a besoin de personnes qui soient LÀ, à ses côtés.

Et lorsque nous sommes LÀ pour elle, nous sommes aussi là pour l’enfant. C’est cela, la solidarité pour les deux.

Le mot « solidarité » vient du latin. Solidus signifie solide, entier.

En droit romain, in solidum signifiait que chacun est responsable pour tous, et pas seulement pour sa part.

Autrement dit : on ne laisse personne seul.

Voici comment une femme très pragmatique — appelons-la Mia — m’a expliqué ce que signifie la solidarité pour tous les deux.

Situation 1

Imaginons que Mia ait environ 40 ans, qu’elle soit mariée et qu’elle ait trois enfants. Elle s’en sort plutôt bien. Elle travaille au moins 8 heures par jour. Et à la maison… qui pourrait compter ses heures de travail ?

Un jour, une jeune femme l’appelle et lui dit :

« J’ai été abandonnée. Je ne sais pas quoi faire. »

Mia venait juste de rentrer du travail. Il était 19 heures. Déjà, sur le chemin, ses enfants lui avaient dit qu’ils mouraient presque de faim. En plus, son mari, qui n’était pas à la maison, venait de lui demander sur WhatsApp d’envoyer l’assurance de la voiture.

Qu’a fait Mia ? Elle a mis la nourriture à réchauffer et, en même temps, elle a cherché l’assurance pour la prendre en photo. Mais elle a aussi parlé au téléphone avec la jeune femme.

La jeune femme avait 20 ans, était enceinte, et son ami l’avait annoncée qu’il partait s’installer au Royaume-Uni — avec une autre femme.

Mia a nourri ses enfants. Puis elle a commencé à faire la vaisselle. Entre-temps, elle a appelé son gynécologue, afin de consulter cette jeune femme laissée seule. Le médecin lui a demandé si tout allait bien, car il était inhabituel qu’elle appelle à cette heure-là.

Mais lorsque Mia a prononcé les mots « grossesse en situation de crise », le médecin a décidé d’aider cette jeune femme déboussolée. Il a promis de la recevoir dès le lendemain, à n’importe quelle heure, pour une consultation.

Situation 2

Un autre soir, Mia regardait une émission sur la liberté. Quel beau mot !

Mais savez-vous ce qu’elle pensait ? Que pendant une heure, le présentateur et les invités avaient répété ce mot des dizaines de fois, mais que PERSONNE n’avait prononcé le mot « responsabilité ».

À peine l’émission terminée, Mia a reçu un message d’une collègue de bureau :

« Il m’a dit qu’il m’aimait, mais que je suis libre d’avorter, sinon il part. Je lui ai dit qu’on en reparlerait. Et il est parti !!! Qu’est-ce qu’il faut faire? »

« Ma chère, est-ce cela la liberté ? Ne pas se soucier ? J’arrive chez toi. On va parler. D’abord, on se débarrasse de la peur. Et de la solitude. »

Tard dans la nuit, en rentrant chez elle, Mia a écrit dans son journal :

« Ne laissons personne seul. Ni l’enfant. Ni la mère. Nous ne sommes pas vraiment libres quand nous sommes seuls. Alors pourquoi les opposer ?

Il est naturel de construire un soutien réel pour tous les deux. Qu’ils soient ensemble, comme ils le sont déjà. Qu’ils se réjouissent. Qu’ils rêvent d’avenir. Et que cet avenir soit pour tous les deux.

Combien de ce que nous appelons des décisions personnelles cache en réalité un profond manque de soutien ? »

Je pense que nous comprenons ce que Mia nous dit.

Pour les Romains, in solidum signifiait que chacun répond pour tous. Pas seulement pour sa part, mais pour l’ensemble. Cela signifie que la difficulté d’une femme en crise de grossesse est aussi la nôtre. La difficulté de l’enfant est aussi la nôtre.

Nous ne disons pas : « c’est ton choix, débrouille-toi ».

Nous disons : « nous sommes là ». Et nous le sommes vraiment.

Parce que la liberté sans solidarité laisse l’être humain seul.

Seule la liberté vécue dans la solidarité devient amour.

Lorsque nous sommes solidaires avec la femme, elle trouve la force d’être solidaire avec son enfant. C’est ainsi que nous sommes solidaires avec tous les deux.

C’est pourquoi la vraie question n’est pas seulement : « Que choisis-tu ? »

Mais : « Qui est à tes côtés lorsque tu choisis ? »


Et la réponse… peut être chacun de nous.


Soyons-le !


Je vous remercie.